Résumé. L'auteur propose l'utilisation de la théorie du raisonnement moral à titre de déterminant valide de la sous‐évaluation du temps de vérification. En recourant à la méthodologie du laboratoire expérimental auprès d'un échantillon de 88 vérificateurs d'un cabinet national d'experts‐comptables, l'auteur a observé une sous‐évaluation réelle du temps de travail dans une tâche de vérification. Les résultats obtenus démontrent que la sous‐évaluation est reliée de faαon systématique au niveau de raisonnement moral du vérificateur, mesuré à l'aide du test de jugement moral de Rest ( Defining Issues Test ou DIT). Les participants dont les résultats au DIT étaient relativement faibles sont ceux qui sous‐évaluaient le plus le temps de travail. Les résultats démontrent également que bien que l'insuffisance du temps alloué ait une incidence sur le comportement, la pression à l'uniformité est le facteur qui influe le plus sur la sous‐évaluation. En somme, l'étude qui suit contribue de trois faαons importantes aux écrits touchant la vérification et la psychologie. Premièrement, elle établit l'importance du fait que la pression à l'uniformité est un antécédent de la sous‐évaluation. Deuxièmement, elle montre que le raisonnement moral du vérificateur explique le comportement réel de sous‐évaluation dans le contexte de pressions liées au travail. Troisièmement, elle révèle une sous‐évaluation marquée en contexte de simulation de la vérification.
This paper introduces the theory of moral reasoning as a valid determinant of the underreporting of audit time. In an experimental lab design for a sample of 88 auditors from a national public accounting firm, actual underreporting on an audit task was observed. Findings show that underreporting is systematically related to the auditor's level of moral reasoning as measured by the Defining Issues Test (DIT). Here those with relatively low DIT scores were shown to underreport most severely. Results also show that although an unattainable time budget affects behavior, peer pressure has the most significant impact on underreporting. The present study makes three important contributions to the auditing and psychology literature. First, it establishes the significance of peer pressure as an antecedent to underreporting. Second, it shows that an auditor's moral reasoning explains actual underreporting behavior under conditions of work‐related pressure. Third, it reveals marked underreporting under simulated audit conditions.
The role of accounting information in investment decision making and capital markets has been investigated by exploring fundamental connections between accounting numbers and market‐based phenomena of interest. Studies of bond rating predictions have described how bond raters make their judgments as a function of accounting and other data. This study expands our knowledge of these fundamental connections by investigating whether bond ratings have a direct impact on bond yields and how accounting information impacts the bond yields—directly, or indirectly through the bond ratings. A simultaneous equation system is constructed using firm‐specific financial information, bond ratings by two major rating agencies, and initial offering yields. The sample used in this study consists of 189 new issue industrial bonds rated by both Standard & Poor's and Moody's that were issued from 1981 through 1985. Tests of alternative structural model configurations provide evidence regarding the interrelations between bond ratings, financial information, and bond yields. The improvements in the statistical methodology lead to a better understanding and assessment of the relative roles of bond ratings and financial information in setting bond prices. The use of simultaneous equation modeling allows the interrelations among yields, ratings, and financial information to be assessed and allows the direct and indirect effect of financial information on yields to be estimated. This results in the ability to conclude that financial information affects bond ratings, that bond ratings directly affect bond yields, that financial information also directly affects bond yields, and that financial information indirectly affects bond yields through its effect on ratings. The role of accounting information in setting bond market prices is clarified using this approach. Résumé. On a étudié le rôle de l'information comptable dans la prise de décisions d'investissement et sur les marchés financiers en explorant les liens fondamentaux entre les données comptables et les phénomènes d'intérêt fondés sur le marché. Les études portant sur les prédictions relatives à la notation des obligations ont décrit de quelle façon les services d'information financière jugeaient de la valeur des obligations à partir de données, comptables et autres. Les auteurs de la présente étude élargissent la connaissance de ces liens fondamentaux en analysant la possibilité que la notation des obligations ait une incidence directe sur leur rendement et la façon dont l'information comptable agit sur le rendement des obligations, que ce soit directement, ou indirectement par l'intermédiaire de leur notation. Les auteurs constuisent un système d'équations simultanées à l'aide de l'information financière propre à l'entreprise, des cotes accordées aux obligations par deux services majeurs d'informations financières et du rendement des émissions initiales. l'échantillon qui a servi à l'étude compte 189 nouvelles émissions d'obligations dans le secteur industriel, cotées à la fois par Standard & Poor's et Moody's, qui ont été émises entre 1981 et 1985. Les tests appliqués aux configurations de rechange du modèle structurel établissent clairement les relations entre la notation des obligations, l'information financière et le rendement des obligations. Les progrès de la méthodologie statistique ont mené à une meilleure compréhension et une meilleure évaluation des rôles relatifs de la notation des obligations et de l'information financière dans l'établissement du prix des obligations. La modélisation d'équations simultanées permet, d'une part, l'évaluation des relations entre rendement, notation et information financière et, d'autre part, l'estimation des conséquences directes et indirectes de l'information financière sur le rendement qui doit être estimé, ce qui amène à conclure que l'information financière a une incidence sur la notation des obligations, que la notation des obligations exerce une influence directe sur le rendement des obligations, que l'information financière touche également de manière directe le rendement des obligations et qu'elle a une incidence indirecte sur le rendement des obligations, par le truchement de son incidence sur la notation. Le rôle de l'information comptable dans l'établissement de la valeur marchande des obligations est éclairci grâce à cette méthode.
One theoretical approach recently emphasized in the accounting literature is positive accounting theory. Synonymous with this theoretical view are the 1978 and 1979 articles published by Ross Watts and Jerold Zimmerman. These two articles prompted criticism from three different perspectives. There are critiques that refer to technical research methods problems, critiques concerned with philosophy of science issues, and critiques centered on the limitations of economics‐based accounting research. In their 1990 article, Watts and Zimmerman responded to most of the published critiques. They specifically claimed that methodological criticisms have failed to have any influence on accounting research. This paper provides a critical examination and assessment of these alleged failures by examining two types of critiques, economics‐based critiques and those based on issues of the philosophy of science. The critiques discussed include those to which Watts and Zimmerman responded as well as several other critiques that either Watts and Zimmerman failed to discuss or that were not published until after their 1990 article appeared. Positive accounting theory is shown to be applied economic positivism. Tracing the historical background of positive accounting research through its economic roots shows that the “positive” aspect of the Watts and Zimmerman approach is more rhetoric than methodology. It is argued that positive accounting theory does represent a problem shift toward a domain of research that is appropriate for Chicago School economics. A review of the published critiques of positive accounting theory shows that although critiques based on philosophy of science may not be very effective, economics‐based critiques that emphasize the limitations of equilibrium‐based economic analysis offer a promising avenue for methodological critiques of positive accounting theory. Résumé. Parmi les publications relatives à la comptabilité, celles qui touchent la «théorie de la comptabilité positive» attiraient récemment l'attention. Ross Watts et Jerold Zimmerman, dans leurs articles publiés en 1978 et 1979, adoptaient l'équivalent de ce point de vue théorique. Ces deux articles ont soulevé les critiques, dans trois perspectives différentes. Certaines critiques portent sur le problème des méthodes techniques de recherche, d'autres ont trait aux questions relatives à la philosophie de la science et d'autres encore sont centrées sur les limites de la recherche comptable qui s'appuie sur l'économique. Dans leur article de 1990, Watts et Zimmerman réfutaient la plupart des critiques qui avaient été publiées, invoquant plus précisément le fait que les critiques méthodologiques ne sont pas parvenues à influer sur la recherche comptable. Les auteurs procèdent à un examen et à une évaluation critiques des lacunes que l'on impute à cette théorie, sous forme d'analyse de deux ordres de critiques: les critiques relatives aux fondements économiques et les critiques relatives aux questions touchant la philosophie de la science. Les critiques analysées comportent celles auxquelles Watts et Zimmerman ont répondu ainsi que plusieurs autres critiques que ni Watts ni Zimmerman n'avaient analysées auparavant ou qui n'ont été formulées qu'après la publication de leur article de 1990. Les auteurs démontrent que la théorie de la comptabilité positive équivaut au positivisme économique appliqué. En retraçant les fondements historiques de la recherche sur la comptabilité positive dans ses racines économiques, ils démontrent que l'aspect «positif» de l'approche de Watts et Zimmerman est plus réthorique que méthodologique. La théorie de la compatibilité positive représente toutefois le déplacement du problème vers un domaine de recherche qui convient à l'économique de l'École de Chicago. L'analyse des critiques de la théorie de la comptabilité positive qui ont été publiées démontre que même si les critiques se rapportant à la philosophie de la science ne se sont peut‐être pas révélées très efficaces, les critiques se rapportant à l'économique et mettant l'accent sur les limites de l'analyse économique basée sur l'équilibre ouvrent des horizons prometteurs aux critiques méthodologiques de la théorie de la comptabilité positive.
This paper constitutes a historical study of the roots of the decision by Arthur Andersen & Co. in 1946 to adopt a two‐part auditor's opinion for all of its engagements, and of its eventual decision in 1962 to return to the standard form of the auditor's report. The essence of the two‐part opinion was to decouple the auditor's opinion on fairness of presentation from the opinion on conformity with generally accepted accounting principles. The paper also treats the factors that prompted the Canadian Institute of Chartered Accountants to adopt a two‐part opinion, and the reasons why it opted to return to the single‐opinion format in 1976. Résumé. L'auteur retrace l'historique de la décision prise en 1946 par Arthur Andersen & Cie de présenter l'opinion du verificateur en deux volets dans toutes ses missions, et de sa décision ultérieure, en 1962, de ramener le rapport du vérificateur à sa forme standard. Le choix de l'opinion en deux volets reposait sur l'intention de distinguer l'opinion du vérificateur quant à la fidélité avec laquelle est présentée l'information de l'opinion du vérificateur relative au respect des principes comptables généralement reconnus. L'auteur traite également des facteurs qui ont amené l'Institut Canadien des Comptables Agréés à adopter l'opinion en deux volets, et des raisons pour lesquelles il a choisi de rétablir l'opinion unique en 1976.
This study considers the welfare effects of line‐of‐business (LOB) reporting by firms operating in imperfectly competitive markets. The analysis is based on a two‐period model in which a multisegment firm, labeled the incumbent, operates as a monopolist in two markets in the first period and then competes against an entrant in each of the two markets in the second period. The incumbent obtains private information in the first period. LOB reporting fully reveals that information to the entrants; aggregate reporting only partially reveals the incumbent's information. The second‐period consequences on firms and consumers parallel results previously available from the information‐sharing literature. These results serve to explain why some firms opposed the imposition of LOB reporting by accounting rule‐making bodies. The incumbent may distort first‐period production in an attempt to influence entrant beliefs. However, such distortions lower the incumbent's expected first‐period profit and result in no gains in the second period. Nonetheless, in equilibrium, these distortions cannot be avoided unless the entrants observe the incumbent's first‐period production or prices, suggesting a role for nonfinancial disclosures in accounting reports. Résumé. Les auteurs se penchent sur l'effet «protecteur» de la communication d'informations relatives au secteur d'activité par les entreprises qui exercent leurs activités sur des marchés imparfaitement concurrentiels. L'analyse est fondée sur un modèle comportant deux périodes, dans lequel une entreprise oeuvrant dans plusieurs secteurs d'activité‐désignée sous l'appellation d'entreprise installée—exerce un monopole dans deux marchés au cours de la première période et doit ensuite livrer concurrence à un nouveau venu dans chacun des deux marchés au cours de la seconde période. L'entreprise installée obtient de l'information privilégiée au cours de la première période. L'information sectorielle livre intégralement cette information aux nouveaux venus, mais l'information consolidée ne révèle qu'une partie de l'information dont dispose l'entreprise installée. Les résultats de la seconde période pour les entreprises et les consommateurs s'apparentent à ceux qui ont été exposés jusqu'à maintenant dans les écrits relatifs au partage d'informations. Ces résultats viennent expliquer pourquoi certaines entreprises se sont opposées à ce que les organismes de réglementation comptable fassent de la présentation de l'information sectorielle une obligation. L'entreprise installée peut «biaiser» l'information relative à la première période dans l'intention d'influer sur les convictions des nouveaux venus. Ces distorsions diminueront cependant le profit espéré par l'entreprise installée au cours de la première période et se traduiront par des gains nuls au cours de la seconde période. Néanmoins, en situation d'équilibre, ces distorsions ne peuvent être évitées, à moins que les nouveaux venus n'observent la production ou les prix de l'entreprise installée au cours de la première période, ce qui permet de croire que la présentation d'informations non financières dans les rapports comptables a un rôle à jouer.
A key characteristic of the reporting of private management information is that managers do not always report their information, and they reveal or withhold both “good” and “bad” news. Several recent papers provide models of managers' voluntary disclosure decisions. These models are typically constructed so that managers do not always disclose or withhold their information, despite rational behavior by both the privately informed managers and interested uninformed parties external to the firm. Our paper seeks to contribute further to this literature by developing a richer model of the forces that might influence a manager's decision to disclose private information. Our model is a direct extension of the model in Darrough and Stoughton (1990). In our model, there is a continuum of possible private incumbent signals and the entrant may be privately informed about the cost of entry. Partial disclosure of private information results from the tension that exists between an informed manager's desire to communicate good news to (and hide bad news from) the capital market and his desire to communicate bad news to (and hide good news from) competitors in the firm's product market. Résumé. La communication par la direction de l'information privilégiée qu'elle détient présente une caractéristique déterminante: les gestionnaires ne font pas toujours état de cette information, et ils révèlent ou retiennent l'information aussi bien «positive» que «négative ≫. Dans plusieurs études récentes sont proposés des modèles décisionnels en matière de présentation volontaire d'information par les gestionnaires. Ces modèles sont habituellement construits de telle sorte que les gestionnaires ne communiquent ou ne retiennent pas toujours l'information, malgré le comportement rationnel affiché tant par les gestionnaires dépositaires de l'information privilègiée que par les parties intéressées extérieures à l'entreprise qui ne disposent pas de cette information. Les auteurs ont voulu ici enrichir ces études en élaborant un modèle plus étoffé des forces susceptibles d'influer sur la décision du gestionnaire de communiquer l'information privilégiée dont il dispose.